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Quand les médias partent en guerre

Quand les médias partent en guerre

Posté par le 25 Mar 2013 dans Actualité, Médias | 0 commentaires

  © Eddie Addams – Exécution  d’un responsable présumé du Viet-cong. 1e février 1968. 1963-1975 : Guerre du Vietnam (1). Les États-Unis sont intervenus dans le conflit qui eu lieu entre la République démocratique du Vietnam (Nord Vietnam, soutenue par le Bloc de l’Est et la Chine) et la République du Vietnam (Sud Vietnam, soutenue militairement par les États-Unis, ainsi que d’autres alliés). Avec les « appelés » américains, sont arrivés les journalistes, et pour la première fois, le monde a pu suivre la guerre en direct. L’effet fut renversant, l’Amérique est épouvantée par les images retransmises : des cadavres, des exécutions, des militaires américains qui témoignent et espèrent pour leur survie… Les politiques et militaires en tirent les conséquences : à l’avenir, en période de guerre, les journalistes seront tenus à l’écart ou contrôlés. Après l’échec de la médiatisation de la guerre du Vietnam, les États-Unis souhaitent mettre en œuvre des procédés consistant à convaincre le public du bienfait de leurs opérations. Il faut donc cacher les horreurs de la guerre pour ne pas occasionner dans l’opinion un choc émotionnel propre à contrarier la conduite des objectifs politiques de l’État. Mise en pratique dès les prochains conflits : pendant la guerre du Golfe, en 1991 l’État Major des États-Unis créé pour les journalistes américains le « pool » : un journaliste américain affecté par unité, nourri, vêtu, transporté, aux ordres, tandis que les journalistes occidentaux se voient refuser l’accès au front, et se voient obligés de se déguiser, se faufiler clandestinement pour pouvoir faire leur reportage (2). Les images qui pourraient choquer l’opinion publique (destructions, cadavres, violences) sont censurées et les avancées technologiques permettant de faire une guerre « propre » sont mises en avant, comme le témoigne le journaliste Marcel Trillat alors sur place à cette époque : « Mais il y a une chose à laquelle on ne s’attendait pas : c’est que les Américains de leur côté avaient tout prévu. Non seulement pour nous empêcher à tout prix de remplir notre mission d’information, mais surtout, pour faire de nous les instruments dociles de la plus fantastique machine à désinformer jamais concoctée par un pays en guerre....

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