Posté par le 12 Sep 2012 dans Évènements, Politique | 5 commentaires

Argentine : le premier bug des années 2000 Cinquième puissance mondiale en 1945, devenue pays des 4,924% à la fin des années 80, l’Argentine gronde. Elle n’a pas attendu les subprimes pour s’embourber dans la crise, multipliant les requêtes au FMI, à la banque mondiale, passant du libéralisme intégral (privatisations massives, état régalien) à l’état providence et inversement. Fin 2001, le Fonds Monétaire International met le feu aux poudres en refusant le versement d’une aide de 1,26 milliards de dollars. Pour faire survivre la monnaie nationale, il ne reste plus qu’une solution : geler les comptes bancaires des particuliers en limitant les retraits, interdire les transferts d’argent vers l’étranger. Aux classes populaires déjà solidaires dans leur dépression économique et sociale s’ajoutent les classes moyennes. Le pillage de magasins est un sport national, les manifestations deviennent mortelles. Le déficit public est abyssal, 5 présidents se succèdent en une année. Leur légitimité est unanimement remise en cause, et le slogan des anarchistes « Que se vayan todos » (en français « Qu’ils dégagent tous ! ») devient le mot d’ordre d’un peuple entier à l’encontre d’un Etat instable dans lequel il ne se reconnaît plus. Le 19 décembre 2001, le Président argentin déclare l’Etat de siège. Il sera progressivement éjecté par la constitution d’Assemblées Populaires, organes de gouvernement locaux et démocratiques, qui ne sont pas sans rappeler la Commune de Paris de 1871. L’ensemble de la population se réapproprie ses institutions, propulsant Nestor Kirchner au pouvoir, puis sa femme Cristina en 2007 et 2011. Héritiers idéologiques du Président Juan PERON, généralissime qui mit fin par les armes aux élans libéraux de l’Argentine d’après guerre, Cristina Kirchner applaudit cette légendaire « force d’un peuple » sur fond de drapeaux argentins enragés : la fin des faims passera avant la prospérité et l’ouverture internationale. Effet papy lion Trop c’est trop ! Papy a fait de la résistance, et il compte bien le rappeler ! « 93 ans, c’est un peu la toute dernière étape ». Ainsi débute le Indignez-vous ! de 2010 par Stéphane HESSEL, comme une excuse : pardonnez-moi ces lignes, je n’ai plus toute ma tête. A moins qu’il ne regrette le temps perdu dans les dîners de gala. Toujours est-il qu’un homme de cette qualité encourage...

Lire la suite