Posté par le 3 Sep 2014 dans Art, Culture | 0 commentaires

Source d’inspiration, pornographie, œuvre, érotisme, le nu photographique est multi-facettes. Facettes qui reflètent le plus souvent les interprétations et les croyances de chacun.

Des statues de l’antiquité aux photographies de Terry Richardson, la représentation de personnes dénudées existe depuis la nuit des temps. Elle fascine ou fâche, séduit ou dégoûte. Elle est parfois censurée, parfois adulée, cette forme d’art est souvent au centre des polémiques comparé à certains tableaux bien plus choquants : la mort, la guerre, la violence, la discrimination ou encore la pornographie.

Parce que non ! Le nu n’est pas pornographique. Pourtant la pornographie utilise le nu (et encore pas toujours). La différence est malheureusement peu faite dans les esprits, mais il existe un fossé entre ces deux « arts ». L’ambiance d’une photographie, l’expression d’un visage, l’attitude d’un modèle traduisent pour nous la dose d’obscénité que peut contenir une image. La photo d’un acte sexuel bien zoomé sur la zone d’action ne rentre pas dans la catégorie du « nu », vous l’aurez compris.

Le combat des artistes adeptes du déshabillé contre les jugements ou pire la censure bat son plein. C’est le cas du site « Bonjour Madame » qui défend quotidiennement leur cause. Le principe est simple : chaque matin (à 10h) le site web publie une photo de femme nue ou partiellement nue. Leur but est de remettre le corps féminin au centre de l’esthétique. Ils bannissent la vulgarité pour que ces jolies dames ne soient plus victimes d’aprioris infondés. Représenter la femme comme une œuvre d’art et non comme un objet sexuel, c’est leur credo.

Dans une interview accordée au magazine GQ, l’équipe de BM raconte : « Pour nous Bonjour Madame n’est pas seulement « un site de nanas à poil », c’est véritablement la défense d’une certaine idée de la femme : sortir la nudité de son image vulgaire et beauf, induire le respect sans jugement graveleux de la beauté féminine. C’est même pour cela qu’on dit, avec déférence, Bonjour Madame ! »

Et pourtant. Un simple téton met encore le feu aux poudres et plus encore à notre chère toile. C’est le cas de Facebook, adepte du contrôle anti-fesse à l’air, qui dit dans son règlement : « poster du contenu nu ou partiellement nu sur notre site est interdit ». Pour cela, ils font le tri entre toutes les photos pouvant contenir ce genre de clichés. C’est d’ailleurs comme cela que l’origine du monde », célèbre œuvre d’art du 19ème siècle, a disparu du célèbre site. Une censure qui a entraîné de nombreuses revendications et également un procès.

Alors, que faire ? Comment communiquer sur le nu 2.0 ? Utiliser Instagram ? Non, ils ont été rachetés par Facebook. Coller un smiley sur chaque parcelle de peau jugée non-conforme ? Les Inrocks l’ont fait quand ils ont montré la poitrine de Rihanna mais est-ce bien la solution ?

Une photographie est une information. Et ouvrez les yeux. Nous vivons dans un monde de restriction d’informations. Bien entendu il existe des exceptions pouvant choquer les sensibilités…
Mais, le corps humain, dans son simple appareil, ne devrait pas être mis en cage. Alors qui maintenant se risquera à le délivrer ?

 

SOURCES :

 Photo :
www.bonjourmadame.fr

 Article :
www.01net.com/editorial/578301/facebook-re-censure-lorigine-du-monde
www.terrysdiary.com
www.france24.com/fr/20130307-exposition-facebook-offusque-photo-nu-jeu-paume-musee-art
www.blogues.radio-canada.ca/originel/2014/05/19/censurer-les-seins-des-femmes-cest-discriminatoire
www.ouest-france.fr/lart-du-nu-une-exposition-collective-la-galerie-2569744