Posté par le 3 Sep 2014 dans Culture, Évènements, Société, Sport | 0 commentaires

Le 12 Juin prochain le Brésil accueillera pour la deuxième fois de son histoire la Coupe du Monde de football. Un événement attendu de tous sauf des Brésiliens.

« On a besoin de nourriture, pas de football ». Ce slogan accompagne l’illustration de Paulo Ito. Un petit Brésilien pleure. Il est affamé. Dans son assiette, un ballon de foot en guise de repas. Cette image fait le tour des réseaux sociaux. A deux semaines de la Coupe du Monde de football, l’excitation bat son plein chez les passionnés. Les matches amicaux se déroulent tranquillement, pendant que les ouvriers travaillent un nombre incalculable d’heures pour terminer les infrastructures qui accueilleront la compétition.

Pourtant l’événement le plus attendu de l’année est loin de faire l’unanimité. Les Brésiliens considèrent les dépenses trop lourdes faites par le gouvernement pour pouvoir accueillir l’événement. Filomena Loss, présidente de l’association Brasil Azur à Nice déplore : « Le gouvernement a dépensé 9 milliards d’euros et à côté les brésiliens ont très peu d’aides sociales. Les habitants ne comprennent la logique d’investir autant d’argent dans la construction de stades au lieu de les dépenser dans le domaine de la santé ou de l’éducation ». Et les revendications ne cessent de s’enchainer. Avec les millions de touristes attendus, le pays a décidé d’augmenter le coût des transports en commun, une initiative qui a largement suscité la colère des habitants : « Ma tante vit seule et doit nourrir ses deux filles. Pour se rendre au travail, elle utilise les transports en commun. Son budget est très serré et cette augmentation joue sur son niveau de vie, elle n’arrive pas à suivre » s’insurge Raphael Dutra Tine, un français originaire de Sao Paulo.

Pas de boycott de la coupe

Elle est critiquée mais elle sera pas boycottée. Le football reste tout de même le sport national dans ce pays et une discipline que les Brésiliens ont à cœur de pratiquer. Le gouvernement a prévu des jours de vacances pour les écoliers lorsque le Brésil jouera.

«  Les Brésiliens ne boycotteront pas la Coupe du Monde des singes, ce n’est pas dans leur esprit. Mais ils profiteront de l’occasion pour montrer aux yeux du monde les problèmes sociaux du pays et notamment la corruption » confie Filomena. Par ailleurs, les habitants n’ont pas attendu le début de la Coupe du Monde pour montrer leur mécontentement. Une manifestation anti-coupe du Monde a eu lieu il y a une dizaine de jours, et plusieurs pages Facebook ont été créées contre l’événement.

« Le Brésil a eu de la chance d’être choisi »

Le pays aura tout de même de bonnes retombées économiques et selon Maria De Azevedo Rodrigues, consul général à l’ambassade du Brésil de Paris « le Brésil a eu la chance d’être choisi pour cet événement planétaire, qui ne peut qu’être bénéfique pour la population. S’ils peuvent attendre la fin de la compétition avant de procéder à des éclats sociaux ce serait bien pour l’ensemble du Brésil et le monde du football ».

 

Sources : Slate.fr, Konbini, Courrier international, Nice Matin, Le Figaro, Le Monde

Rédigé par Valentine MARTIN