Posté par le 5 Juin 2015 dans Art, Culture | 0 commentaires

L’évolution du 8ème art, l’immortalisation de notre vie à chaque instant. La première photographie date de 1826. Elle a nécessité un temps de pose de 4 heures et a été figée sur une plaque d’étain.  Aujourd’hui, nous prenons des millions de photos par minute à travers le monde et nous les publions instantanément sur les […]

Wine & Water

Wine & Water

L’évolution du 8ème art, l’immortalisation de notre vie à chaque instant.

La première photographie date de 1826. Elle a nécessité un temps de pose de 4 heures et a été figée sur une plaque d’étain.  Aujourd’hui, nous prenons des millions de photos par minute à travers le monde et nous les publions instantanément sur les réseaux sociaux. Mais à quoi nous servent les photographies ?



La photographie argentique nécessite de la patience. Tout commence par la mise en place de la pellicule. Des gestes précis à l’abri de tout. Puis il faut trouver le sujet, son mari, ses enfants. Mais la photographie est un art, il faut composer. Le photographe n’a pas le droit à l’erreur. Une pellicule coûte trop chère pour permettre de se tromper. Il faut mettre en valeur l’être aimé, un rayon de soleil. Il faut être discret. Faire la mise au point et attendre. Attendre le meilleur moment. Ce moment est intense, car si on ne l’enclenche pas au bon moment, il est trop tard. L’instant disparait. Mais quand l’instant est  là, le photographe le sait… Clic. Photo. « Tu es immortel mon amour… » Généralement le sujet souri. Il est surpris, un peu gêné ou juste trop modeste. Et maintenant il faut encore attendre. Il faut finir la pellicule. Plus que 23 poses. Quand celle-ci est terminée vient enfin le moment de la chimie.

Il faut encore être précis et patient. Développer le négatif est le plus délicat car à la moindre erreur tout est perdu. Produit révélateur, fixateur, eau puis séchage. Dans la lumière rouge du labo, on entre-aperçoit enfin à quoi ressemble nos clichés. L’étape finale, l’agrandissement du négatif. L’impression photo en quelque sorte. Pour l’instant la feuille est blanche. Par jeu de lumière, on vient projeter le négatif sur un papier à contraste variable. La feuille est toujours blanche. Puis de nouveau un peu de chimie. Bain révélateur. La photo se dessine enfin sur le papier. Le moment est magnifique, presque magique. Il faut laisser la photo juste le temps qu’il faut pour avoir le meilleur rendu possible. Puis bain d’arrêt et fixateur. La photo est enfin là. Epinglée sur un fil. Elle est parfaite. Il est beau. C’est Lui vu par Moi.

La photographie numérique est beaucoup plus simple. Elle permet les erreurs. Le début est le même qu’en photographie argentique. Sujet, composition, réglages. Sauf que là, le photographe peut prendre photo sur photo. Il se permet plus de liberté, plus facilement. A l’endroit, à l’envers, dans le dos. Il vise, il clic. Et puis il faut choisir la meilleure photo, la plus drôle, la plus décalée, la plus émouvante. La suite est tout aussi simple. Il retire la carte mémoire, l’introduit dans une borne et imprime. Enfin, s’il pense à les imprimer car généralement elles finissent toutes stockées sur votre ordinateur.
Le numérique permet aussi de s’exprimer à chaque instant. On mange des sushis. Photos. On est bloqué dans un bouchon. Photos. Des nouvelles chaussures. Photos. Puis on les publie sur les réseaux sociaux. Lieu d’échange et de partage éphémère. On découvre celles des autres. On découvre l’Autre. Mais où sont les souvenirs que l’on souhaite impérativement garder ? Et si le numérique rendait les photos mortelles. Si le numérique faisait disparaître nos souvenirs…

La photographie est une histoire de sentiment. Chacun la vit comme il la voit avec ses idées reçues et préconçues, ses règles, ses conventions et ses envies.

Pour moi, les photographies sont des souvenirs, des aides mémoires.

Elles nous rendent immortelles.

 

Marianne BERTHERAT